Stéphanie de BUSTOS aura le plaisir de vous accompagner dans votre pratique de Yoga tous les lundis et mardis, à la Halle des Sports et à la Maison des Activités Culturelles de Nozay (91).

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PAS à PAS sur le Chemin…

Inspirées du livre de Sylvie MASSART et Florence ARCHAMBAUD « Marcheuses aux semelles de mots » et de ma première expérience sur le Chemin de Compostelle, je vous livre ces quelques lignes qui rendront hommage au « Camino » mais aussi à mon amie Sandie, « Marcheuse aux semelles de joie… »

Arpenter le Chemin représente un geste d’offrande, indépendamment de toute croyance religieuse, car nous lui donnons notre temps et nos efforts. Pour l’apprivoiser, nous devons lui consacrer un moment de Vie, lentement, progressivement et à petits pas.

Nous y avons laissé nos empreintes et avons pris le temps de le contempler, de nous émerveiller, de rêver, de partager, d’écouter, de le découvrir, de respirer, de ralentir, de sentir, de le rencontrer, d’échanger, de rire, nous avons pris le temps de mettre un pied devant l’autre et de recommencer…

D’étape en étape, le Chemin nous dévoile ses merveilles et nous laissons infuser les paysages dans nos regards…

Pas à pas, nous avons mesuré la force avec laquelle le Chemin vous fait changer de regard et passer de l’indifférence, à la reconnaissance des choses les plus simples.

« Nous savons si peu et si mal regarder » disait Théodore MONOD. Parce que nos yeux sont si souvent fermés, nous savons peut-être si peu et si mal rencontrer.

Qu’est-ce qu’une rencontre en effet, sinon un regard qui s’ouvre et s’émerveille d’un être, d’un lieu, d’un instant ?

Car le Chemin parfois est une école d’écoute, où la parole s’offre en partage d’un marcheur à l’autre, mais parfois solitaire et silencieux, il est aussi une école du regard.

À cet instant, je pense à cette vieille dame qui nous a ouvert son visage et son sourire comme si elle nous ouvrait sa porte. Un regard, des mots qui nous ont invité à nous arrêter quelques instants, un moment qui a embelli notre vie de cheminantes.

Chacun son Chemin, chacun marche après son bonheur…

Nous avons du plaisir à marcher entre 6 et 9 heures par jour et nous accordons au Chemin le temps nécessaire à l’accoutumance du corps. Il n’y a d’ailleurs rien à réussir et rien à rater.

Comme en yoga ! Il n’y a rien d’autre à faire que marcher et observer ce que la marche fait de nous. Juste une expérience à vivre, juste un cadeau de la vie que l’on s’offre, juste une belle parenthèse…

Nous saluons nos capacités d’endurance. La fatigue est pourtant bien là, mais l’allégresse de marcher et de vivre dehors, l’emporte sur tout le reste.

Elle est même soluble dans le rire, se mue souvent en joie et elle fait partie intégrante de notre Chemin. Joies de marcheuses, joie d’être ensemble, simplement là, rayonnantes et totalement dévouées au présent dans des éclats de rire à répétition.

Nous voguons dans une douceur de vivre… Toute expérience est une forme de renoncement, mais elle n’a de sens que si nous lui laissons le temps d’être vécue. Nous prenons donc le risque de ne rien vouloir d’autre, que ce temps accordé au Chemin.

Nous égrainons pas à pas les vertus de la lenteur qui rend sa valeur à l’instant. Voir et savourer l’ordinaire…

La nature respire et nous respirons avec elle. Nous nous coulons dans le rythme imposé par nos pas, en nous laissant trouver par le bon tempo de l’instant présent.

Le Chemin vit alors comme une respiration entre deux temps de suspension, comme un soupir dans la partition que nous avons à jouer. Inspire, expire. Entre les deux, l’énergie circule et le miracle de la vie se renouvelle à chaque instant, par le mouvement du souffle.

Se tenir debout et marcher avec la sensation d’avoir l’éternité devant nous. Comme si toute une vie se déroulait sous chacun de nos pas… Et comme par miracle, l’émerveillement nous gagne tous, devant les efforts des autres, devant l’humanité qui se cherche sous nos pieds. Marcher nous rend disponibles pour assister au jaillissement de l’étincelle.

Sommes-nous fières d’avoir déjà pu accomplir tant d’efforts au regard de ce qu’il nous reste à parcourir ? Nous n’y pensons même pas, car nos efforts se déposent d’eux-mêmes, comme une offrande aux pieds du Chemin.

Sur le chemin de l’ordinaire, se trouve toujours l’extraordinaire… Merci à Sandie et à tous ces pèlerins qui ont éclairé notre route…

Stéphanie

Chemin de Compostelle, juin 2017.

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